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Contrôler vos chaussures avant un GR de plusieurs jours : pourquoi c'est indispensable

Controler vos chaussures avant un gr de plusieurs jours

Sur une sortie à la journée, une chaussure fatiguée se fait oublier jusqu'au parking, certes... Mais sur un GR de cinq ou six étapes, elle vous le fait payer dès le deuxième jour, loin de tout magasin ! Le bon moment pour l'inspecter, c'est donc un mois avant de partir, pas la veille en bouclant le sac.

Pourquoi l'itinérance ne pardonne pas une chaussure fatiguée

Une itinérance cumule tout ce qui use une chaussure : des journées de six à huit heures, un sac plus lourd qu'à l'habitude et des terrains qui changent d'une étape à l'autre. Une semelle qui accrochait encore correctement sur vos boucles du dimanche peut devenir glissante dans une descente humide en fin de journée, quand la fatigue rend chaque appui moins précis.

Le problème, c'est qu'on ne peut rien corriger en route. Un crochet qui casse ou une semelle qui se décolle au milieu d'une étape se règle avec du ruban adhésif et beaucoup de patience. Mieux vaut repérer ces faiblesses chez soi, quand il reste le temps de les faire traiter.

La semelle : la regarder de près, crampon par crampon

Retournez vos chaussures et comparez les crampons de l'avant-pied et du talon avec ceux du milieu de la semelle, qui s'usent peu. Si les arêtes sont arrondies au point que la gomme paraît lisse sous le talon ou sous l'avant du pied, l'accroche est déjà entamée, même si la chaussure semble encore en bon état vue de dessus. Vérifiez aussi la jonction entre la semelle et la tige tout autour du pied : un décollement de quelques millimètres à l'avant s'agrandit vite sous la charge.

Une semelle usée ne condamne pas la paire, loin de là. Quand la tige et le cuir tiennent, il suffit de faire ressemeler ses chaussures de randonnée : un atelier comme ChaussePieds, à Nancy, pose une semelle Vibram pour 90 €, un autre ressemelage complet pour 75 €, ou refait patin et talon pour 60 € quand l'usure se limite à ces deux zones. Vous repartez avec des chaussures déjà faites à votre pied et une accroche neuve, ce qui vaut bien mieux qu'une paire neuve jamais portée au départ d'un GR.

Tige, coutures, crochets : les points qui lâchent au milieu d'une étape

Une fois la semelle contrôlée, passez à tout ce qui tient le pied. Ce sont de petites pièces, mais ce sont elles qui cèdent le plus souvent au mauvais moment, parce qu'elles travaillent à chaque flexion de la cheville.

Prenez dix minutes, chaussures délacées et bien éclairées, pour passer en revue :

  • les crochets et les passants de lacets, qui peuvent se tordre ou se fendre à la base ;
  • les coutures au niveau de la flexion du pied et autour du contrefort ;
  • les glissoirs, la doublure à l'intérieur du talon, souvent percés sans qu'on s'en aperçoive ;
  • le cuir ou le tissu à l'endroit où le pied plie, qui peut se fendre et laisser passer l'eau ;
  • les lacets eux-mêmes, à remplacer au moindre effilochage.

Pour tester l'étanchéité, rien ne remplace une vraie flaque ou un passage dans l'herbe mouillée lors d'une courte sortie. Si le pied ressort humide alors que la chaussure est annoncée imperméable, un collage étanche ou un traitement du cuir peut encore régler le problème avant le départ.

Pourquoi inspecter ses chaussures un mois avant et pas la veille

Le délai compte autant que le diagnostic. Un atelier de cordonnerie qui travaille par envoi postal rend en général la paire en une à trois semaines, selon la charge de travail et le type de réparation. Si vous découvrez le problème la semaine du départ, il ne reste plus qu'à partir avec des chaussures neuves, ce qui est la pire option pour une itinérance.

Ce mois de marge laisse aussi le temps de refaire une ou deux sorties avec la paire réparée. Une semelle neuve est un peu plus ferme au début, et c'est l'occasion de vérifier que tout va bien avec le sac chargé, sur un dénivelé proche de celui qui vous attend.

Le soir après l'effort : les gestes qui font tenir la semaine

Une fois en route, l'entretien se résume à peu de choses, mais il faut les faire tous les soirs. Retirez la boue avant qu'elle sèche, sortez les semelles intérieures et laissez les chaussures ouvertes, lacets bien desserrés, pour qu'elles respirent pendant la nuit.

Si elles sont trempées, bourrez-les de papier journal et changez-le une fois dans la soirée. Évitez en revanche de les poser contre un poêle ou un radiateur de gîte : la chaleur directe dessèche le cuir et fragilise les collages, exactement ce que vous avez fait vérifier avant de partir.

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